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Euro 2004 : l’année où la Grèce a signé le plus beau hold-up du foot

Euro 2004 – Considéré comme la plus grosse surprise de l’histoire de l’Euro, le souvenir du succès inattendu de la Grèce en 2004 reste intacte douze ans après.

Sans stars mais avec un état d’esprit et une rigueur tactique irréprochables, les Grecs ont infligé au Portugal une leçon de réalisme aux mastodontes européens. Derrière cet exploit se cache un Allemand, Otto Rehhagel, appelé à la rescousse auprès d’une sélection exsangue qui restait, avant son arrivée, sur un triple échec lors des qualifications pour l’Euro 96, le Mondial 98 et l’Euro 2000. Vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 1996 aux commandes du Bayern Munich, cet ancien joueur professionnel à la carrière modeste révèle rapidement lors de l’Euro 2004, ses talents de tacticien hors-pair en adaptant avec brio son système de jeu à celui d’adversaires supposés supérieurs. Surtout, il arrive à fédérer un groupe de joueurs autour d’un projet de jeu à première vue peu entraînant : donner la priorité à une défense en bloc solide, avant de penser à mener en contre des attaques reposant principalement sur le jeu athlétique de ses attaquants.

Loin d’être une ballade de santé, le premier tour des Grecs est néanmoins marqué par une victoire inaugurale contre le pays hôte (2-1) qui plante d’emblée le décor. Qualifié en quarts de finale aux dépens de l’Espagne à la faveur d’une meilleure attaque (4 buts inscrits contre 2 côté espagnol), la Grèce gagne le droit de défier la France pas mécontente à l’idée d’affronter une formation peu habituée des joutes internationales. Contre les tenants du titre, Rehhagel a un plan : évoluer à trois stoppeurs afin de cadenasser le duo d’attaque des Bleus composé de Thierry Henry et de David Trézéguet. La tactique s’avère payante : muets pendant tout le match, les deux anciens Monégasques se heurtent impuissants au mur adverse. La sélection grecque profite du manque de réalisme des Français pour inscrire le seul but du match, une tête de Charisteas peu après l’heure de jeu (65e).

Ravi du tour qu’il vient de jouer à la France, le stratège allemand reconduit, en demi-finale contre la République Tchèque, son 5-3-2, modulable en 3-5-2 dans le camp adverse. Là encore, les partenaires de Pavel Nedved sont dépourvus de solution devant une concentration aussi importante de joueurs grecs dans l’axe du terrain. Bilan : une victoire de la Grèce acquise aux forceps grâce à un but en argent marqué à la 105e minute de la prolongation par Traianos Dellas.

En finale à Lisbonne contre le Portugal, Otto Rehhagel surprend son monde en optant pour un système à 4 défenseurs. Pour le reste, le déroulement du match est une copie quasi conforme du quart de finale contre la France avec une nouvelle tête héroïque de Charisteas autour de l’heure de jeu (57e minute cette fois-ci). Derrière, le bloc hellène bétonne comme un seul homme réduisant à néant les espoirs portugais de remporter devant son public le premier titre de son histoire. Le piège tactique tendu par la Grèce durant cet Euro 2004 était parfait et demeure toujours aujourd’hui une étude de cas souvent analysée dans le cycle de formation des entraîneurs professionnels.

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